Un GMC Sierra SLE K1500 Z71 de 1996, cabine allongée, V8 5,7 L, quatre roues motrices et boîte automatique, déniché sans rouille chez un petit dealer de l’État de Washington avec 48 lignes d’historique d’entretien, puis transporté, contrôlé et immatriculé en France. Ce genre de pickup se pose dans votre allée, plaques posées, autour de 20 000 € TTC, la fourchette bougeant selon ce que vous nous confiez et ce que vous préférez faire vous-même.

On aime raconter ce dossier parce qu’il montre une chose que peu de gens voient en passant devant : un utilitaire de 30 ans peut être confortable, fiable et servir tous les jours, pour le budget d’une camionnette européenne d’occasion. Voici comment ça s’est passé, contrôle technique compris, sans rien maquiller.
Le cahier des charges : un pickup qui sert, pas une vitrine
Le brief tenait en quelques lignes. Un pickup pour de vrai, avec une benne qui travaille, un attelage et de la place pour cinq. Une boîte automatique, la climatisation, une conduite qui ne demande pas un stage de pilotage. Une allure d’américaine sans tomber dans la pièce de concours qu’on n’ose plus charger. Et un budget total, rendu immatriculé, qui reste dans la zone d’un fourgon d’occasion.
Ce cahier des charges élimine beaucoup de choses. Les pickups d’avant 1988 sont superbes mais demandent plus de mécanique et plus d’habitude au volant. Les pickups américains récents, importés neufs ou presque, coûtent trois à cinq fois plus et embarquent l’électronique qu’on voulait justement éviter. Entre les deux, il y a une génération que les Américains appellent OBS, pour Old Body Style : les Chevrolet C/K et GMC Sierra produits de 1988 à 1998. Un compromis qui n’en est presque pas un.




Pourquoi un Sierra de 1996 plutôt qu’un F-150 de trois ans

Le millésime 1996 est celui où GM installe le Vortec 5700 sous le capot de ses pickups. Un V8 de 5,7 L (350 ci) à injection, 255 ch et près de 450 Nm (330 lb-ft) de couple, accouplé à la boîte automatique 4L60E. Rien d’exotique : c’est le small-block Chevrolet dans sa version la plus aboutie avant l’arrivée des moteurs LS, une mécanique que n’importe quel atelier comprend et dont les pièces se trouvent partout, à prix américain. Il se contente de SP95-E10 et, 1996 oblige, il a une prise OBD-II standard : un lecteur à 20 € lit ses défauts.

Ce Sierra cumule ce qu’on cherchait. La finition SLE apporte la climatisation, les vitres et le verrouillage électriques, le siège conducteur électrique. Le pack Z71 ajoute les amortisseurs renforcés et les protections sous caisse du programme tout-terrain. La cabine allongée offre une vraie banquette arrière, donc cinq places assises, avec une benne courte de 2 m (6,5 pieds) protégée par son bac et un attelage déjà en place. Airbag conducteur, feux de jour, autoradio CD : on est en 1996, pas en 1966.
Et puis il y a l’âge. Sorti d’usine en décembre 1995 et millésimé 1996, ce pickup a passé le cap des 30 ans en 2026. C’est la porte vers la carte grise collection et ses avantages, sous réserve d’un classement qui ne se décrète pas tout seul. On y revient plus bas.
Soyons francs sur le reste. Avec ses 5,5 m de long, il lui faut une allée ou un vrai garage. Et le V8 boit ce qu’un V8 boit.
Trouvé à Vancouver, Washington, avec 48 lignes d’historique
On ne cherche pas ce genre de camion dans le Midwest ni dans le Nord-Est, où le sel des hivers mange les châssis. On cherche sur la côte Ouest. Celui-là était chez un petit dealer de Vancouver, dans l’État de Washington, juste en face de Portland. Un pickup local d’après l’annonce, affiché 10 995 $ avec 177 882 miles au compteur et 48 entrées dans son historique Carfax. Le vendeur le résumait en deux mots : local, rust free.

Avant d’y croire, on recoupe. L’étiquette de porte, datée 12/95, porte le même numéro de série que l’annonce et le code K10753, qui se lit : série 1500, quatre roues motrices, cabine allongée, avec la benne courte qu’on voit sur les photos. Le VIN confirme le Vortec 5700 et le millésime. Les photos montrent une peinture d’origine, un compartiment moteur cohérent avec l’âge et un intérieur gris qui n’a pas été refait pour la vente. Quarante-huit entrées d’historique, ce n’est pas un camion qu’on a oublié dans un champ. Tout raccorde. Et quand tout raccorde, on avance.
Parlons du compteur, puisque c’est ce qui fait peur. 177 882 miles, c’est 286 000 km. Sur une citadine, c’est la fin. Sur un Vortec 5700 entretenu, c’est le milieu de sa vie : ces moteurs sont réputés pour passer les 300 000 miles quand l’huile a été changée régulièrement. Ce qu’on regarde à ce kilométrage, ce n’est pas le chiffre, c’est ce qu’on a fait pendant qu’il montait.
Le client a acheté le pickup au dealer, en direct. Notre travail, c’est d’avoir trouvé le bon, vérifié qu’il l’était et organisé la suite.
Un seul mile entre le parking du dealer et le Beaujolais
Le compteur affichait 177 882 miles sur l’annonce. Au centre de contrôle technique, en France, il affichait 177 883. Un mile. Tout le reste s’est fait sur un porte-voitures sous le ciel gris du Nord-Ouest, puis en bateau, puis à nouveau sur un camion jusqu’au Rhône. Entre l’annonce repérée en février et le passage au contrôle en juin, quatre mois, ce qui est le rythme normal d’un import depuis la côte Ouest, transit maritime et dédouanement compris.
Pendant tout ce temps, le pickup appartient au client. Good Timers est courtier : on n’achète pas, on ne revend pas. On organise le transport, le fret, l’assurance, le passage en douane et la paperasse d’arrivée. Le titre américain reste dans le dossier jusqu’au jour où la carte grise française le remplace.

Le contrôle technique, sans rien lisser
Un véhicule venu des États-Unis passe un contrôle technique avant sa première immatriculation en France, même quand il vise la carte grise collection : le statut collection ne s’acquiert qu’après, il ne dispense de rien avant. Le Sierra est donc allé au banc dans un centre des Pierres Dorées, en Beaujolais, avec son certificat d’immatriculation américain et son compteur en miles.

Résultat : défavorable pour défaillances majeures, contre-visite. Ça sonne mal, ça se lit bien. Les plaques : il n’a pas encore de plaques françaises, forcément. Les vitres avant : un film teinté, courant là-bas, interdit ici depuis 2017 dès qu’il laisse passer moins de 70 % de la lumière. Le film part. Les feux stop et les clignotants arrière muets au banc, un feu antibrouillard arrière qui n’existe pas sur un pickup américain, un témoin de tableau de bord qui ne s’allume pas. De l’éclairage, des ampoules, un feu à ajouter, des plaques à poser. Pas une ligne sur la mécanique.
Les chiffres, eux, parlent pour le camion. Freinage à 66 % d’efficacité quand le minimum est à 50 %, frein de parc à 24 % pour 18 % requis, suspension équilibrée. Et un V8 de 30 ans qui passe l’antipollution avec 0,25 % de CO au ralenti, la limite étant à 0,5 %. Le contrôleur a ajouté deux remarques mineures, sans conséquence sur la contre-visite : une identification de châssis « inhabituelle » parce qu’un VIN américain ne ressemble pas à une frappe européenne et un accès partiel au châssis pour l’inspection. Classique sur un import.
Contre-visite passée dans les deux mois, dossier d’immatriculation déposé, plaques posées.
Combien ça coûte, rendu chez vous et immatriculé

Pour ce type de pickup, comptez autour de 20 000 € TTC clés en main. Dans ce montant : le prix payé au vendeur, le transport jusqu’au port, la traversée et son assurance, les frais de port et de dédouanement, la TVA, le contrôle technique et la mise aux normes d’éclairage, l’immatriculation et notre accompagnement du premier mail au dernier tampon. La fourchette bouge selon l’endroit où l’on met les curseurs. En version éco, vous prenez la main dès l’arrivée en France pour le contrôle, la mise aux normes, la révision de prise en main et la carte grise. En version all inclusive, le pickup vous arrive révisé, immatriculé, avec les clés. Entre les deux, tout se discute.
Posé à côté du marché, ça donne ceci. Une camionnette européenne d’occasion de quatre ou cinq ans : le même budget à l’achat. Un pickup américain récent : trois à cinq fois plus, décote et électronique comprises. À l’usage, on ne va pas vous mentir sur la pompe : un V8 de 5,7 L consomme entre 14 et 17 L/100 km selon le pied et la charge. En face, des pièces à prix américain, une mécanique qu’un garage de quartier comprend, pas de filtre à particules ni d’AdBlue, pas de malus à l’immatriculation, un contrôle technique tous les cinq ans une fois en collection et une valeur qui ne s’effondre pas : un OBS sans rouille se revend, il ne se jette pas.
Et après les plaques : la révision de prise en main
Trente ans et 286 000 km, c’est une occasion. Une occasion a toujours quelque chose à faire. Personne ne devrait acheter un véhicule de cet âge en pensant le contraire. C’est pourquoi on oriente nos clients vers un atelier spécialisé dans l’américaine pour un check complet à la prise en main : liquides, durites, freins, joints, état des trains roulants. Sur ces premiers Vortec, l’injection centrale CSFI, l’« araignée » comme on l’appelle, mérite un contrôle de pression et un nettoyage. C’est le point connu du modèle et il se traite.

D’autres clients font tout cela eux-mêmes, dans leur garage, un week-end de pluie. Les deux marchent. On fonctionne à la carte, version éco ou all inclusive. C’est vous qui choisissez où vous mettez les mains.
Ce Sierra, lui, fait maintenant ce pour quoi il a été construit : servir tous les jours, avec la gueule d’un pickup rouge de 1996 et sans la note d’un pickup de 2026.
Questions fréquentes
Un pickup américain de 1996 peut-il rouler tous les jours en France ?
Oui. Rien ne limite l’usage quotidien, y compris en carte grise collection, dont les restrictions de circulation ont disparu en 2009. Ce Sierra SLE a la climatisation, la boîte automatique, cinq places et l’injection électronique : il se conduit comme un utilitaire moderne. Les deux vrais sujets sont ses 5,5 m de long et la consommation du V8.
Combien coûte l’importation d’un pickup américain des années 90 ?
Autour de 20 000 € TTC rendu chez vous et immatriculé pour un pickup comme ce Sierra, vendeur payé en direct, transport, douane, TVA, contrôle technique, mise aux normes et accompagnement compris. Le montant varie selon le prix d’achat et selon ce que vous prenez en charge vous-même.
Que faut-il modifier sur un pickup américain pour passer le contrôle technique français ?
Presque toujours de l’éclairage : un feu antibrouillard arrière à ajouter, des clignotants et feux stop à remettre en état, un film teinté à retirer des vitres avant, des plaques à poser. Sur ce Sierra, le freinage est sorti à 66 % d’efficacité et le CO au ralenti à 0,25 %, sans aucune remarque mécanique.
286 000 km sur un GMC Sierra Vortec 5700, ce n’est pas trop ?
Non, si l’entretien a suivi. Le Vortec 5700 est réputé dépasser les 300 000 miles (480 000 km) avec des vidanges régulières. Ce camion avait 48 entrées d’entretien dans son historique Carfax et un châssis sans rouille. Ce qu’on vérifie à ce kilométrage : l’historique, la boîte 4L60E, la pression d’injection CSFI et l’état des dessous.
Un GMC Sierra de 1996 peut-il obtenir une carte grise collection ?
Il en remplit les conditions d’âge depuis 2026 : plus de 30 ans, modèle qui n’est plus produit, caractéristiques techniques d’origine. L’attestation FFVE reste examinée au cas par cas, l’éligibilité n’est jamais automatique. Une fois en collection, le contrôle technique passe à tous les 5 ans. Il reste obligatoire pour la première immatriculation, avant que le statut ne soit acquis.

Les pickups américains disponibles à l’import sont rassemblés sur la page des annonces de pickups américains et les GMC sur leur page dédiée. Si le bon n’y est pas encore, on le cherche.
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