Corvette C2 Sting Ray 1963-1967 : 2e génération

Chevrolet Corvette C2 Sting Ray (1963-1967)

Corvette C2 Sting Ray Coupe

La Corvette C2, première à porter le nom Sting Ray, n’a vécu que cinq millésimes mais elle a fixé l’image de la Corvette pour des décennies. En 1963, Chevrolet rompt avec la C1 sur tous les plans : une carrosserie tendue dessinée autour du thème du requin, des phares escamotables, un coupé inédit à côté du cabriolet et surtout une suspension arrière indépendante qui transforme le comportement. La C2 est aussi la génération qui voit débarquer le gros bloc 427 et la culminance des moteurs à injection, jusqu’au L88 de course. Courte et dense, elle est aujourd’hui l’une des Corvette les plus désirées de toutes.

Pour un acheteur français, la C2 se lit par strates de valeur très marquées. Le coupé 1963 à lunette arrière en deux parties est une pièce d’une seule année, recherchée pour elle-même. Les 327 à injection des premières années, les gros blocs 427 de 1966 et 1967, puis les versions de pointe comme le L71 à trois carburateurs et le rarissime L88 forment une échelle de prix qui va du simple au cent. Savoir précisément quelle version on regarde et vérifier qu’elle est authentique conditionne tout le reste.

Histoire et contexte

La Sting Ray naît sous la direction stylistique de Bill Mitchell, dont le concept Stingray de course et le show car Mako Shark inspirent directement la ligne de série, affinée par le jeune designer Larry Shinoda. Sous la peau, l’ingénieur Zora Arkus-Duntov impose enfin une suspension arrière indépendante, rupture majeure avec l’essieu rigide de la C1, qui hisse la Corvette au niveau dynamique des sportives européennes. Le coupé fait son apparition, une première pour la Corvette. La version 1963 reçoit une lunette arrière fendue par un montant central qui deviendra sa signature.

Corvette C2 Sting Ray

La montée en puissance est rapide. Les freins à disques aux quatre roues deviennent de série en 1965, l’année où débarque en cours de millésime le gros bloc 396 ci. Dès 1966 il laisse place au 427 ci, qui devient l’argument fort de la fin de génération. En 1967, le style est épuré et le catalogue atteint son sommet mécanique avec le L71 à trois carburateurs et le L88, un 427 de compétition vendu au compte-gouttes. La C2 cède ensuite la place à la C3 de 1968, qui reprend sa base technique sous une carrosserie nouvelle. En parallèle, Duntov avait lancé en 1963 les Corvette Grand Sport, des voitures de course allégées dont cinq seulement ont été construites avant l’arrêt du programme par la direction de General Motors.

V8 396 Big Block

Caractéristiques techniques

Production1963 à 1967
Millésimes1963 à 1967 (C2, 2e génération)
Architecturemoteur avant longitudinal, propulsion
Carrosseriecoupé 2 places et cabriolet 2 places
Constructioncaisse en fibre de verre sur châssis, suspension arrière indépendante
Empattement2 489 mm (98 po)
Longueur4 453 mm (175,3 po)
Poids à videenviron 1 360 à 1 450 kg (3 000 à 3 200 lb) selon moteur
Production totale117 964 ex. (45 546 coupés et 72 418 cabriolets)
Moteur Corvette C2

Motorisations

La C2 commence avec le seul V8 327 ci décliné en plusieurs puissances, puis bascule vers le gros bloc à partir de 1965. Les puissances ci-dessous sont en chevaux SAE brut, la norme américaine de l’époque mesurée moteur nu. L’injection mécanique Rochester, surnommée fuelie, coiffe le 327 jusqu’en 1965 avant d’être abandonnée au profit des gros blocs à carburateur, moins chers et plus puissants. Au sommet, le L88 de 1967 est officiellement donné à 430 ch, un chiffre volontairement minoré pour décourager l’acheteur de route, sa puissance réelle étant estimée autour de 560 ch.

MoteurCylindréePuissance (ch SAE brut)
327 ci carburateur, 1963-19675,4 L250 à 365
327 ci injection Rochester L84, 1963-19655,4 L360 à 375
327 ci L79, 1965-19675,4 L350
V8 327 small-block
MoteurCylindréePuissance (ch SAE brut)
396 ci L78, 19656,5 L425
427 ci L36 / L68, 1966-19677,0 L390 à 400
427 ci L71 trois carburateurs, 19677,0 L435
427 ci L88, 19677,0 L430 (sous-évalué, environ 560 réel)
V8 big-block

Transmissions et équipements

La boîte manuelle trois rapports est de série, la quatre rapports Muncie étant l’option de référence des versions performantes, déclinée en rapports rapprochés ou allongés et culminant avec la robuste M22 réservée aux gros blocs. L’automatique reste la Powerglide à deux rapports, choisie par une minorité d’acheteurs. La grande évolution du châssis est l’adoption des freins à disques aux quatre roues de série en 1965, qui remplacent les tambours et corrigent l’un des points faibles de la C1 lancée à pleine vitesse. La direction est à recirculation de billes, avec assistance en option. La suspension arrière indépendante à ressort transversal est la marque de fabrique technique de la génération. Côté équipement on trouve l’air conditionné à partir de 1963 en option, les vitres électriques, le hardtop amovible sur le cabriolet, les échappements latéraux en option sur les dernières années et, pour la piste, des configurations rares comme le grand réservoir de 36 gallons et les freins renforcés.

Corvette C2 Roadster

Versions marquantes

Le coupé 1963 à lunette arrière en deux parties est la pièce emblématique de la génération, produit cette seule année à 10 594 exemplaires avant que la lunette d’un seul tenant ne le remplace en 1964 pour des raisons de visibilité. Les 327 à injection Rochester L84 des trois premières années forment la lignée la plus fine côté petit bloc. À partir de 1965, le gros bloc change la donne, d’abord le 396 ci de 425 ch puis le 427 ci dès 1966. Le millésime 1967 concentre les versions de pointe : le L71 à trois carburateurs de 435 ch, le L89 qui lui ajoute des culasses en aluminium et surtout le L88, moteur de course officiellement bridé sur la fiche et construit à 20 exemplaires seulement, aujourd’hui l’une des Corvette les plus chères au monde. À part, les cinq Corvette Grand Sport de 1963 restent le Graal absolu, des voitures de course nées pour l’endurance et jamais homologuées.

À l’écran et dans la culture

La Sting Ray est l’une des automobiles américaines les plus reconnaissables jamais dessinées. Le coupé 1963 en particulier est devenu une icône du design au point de figurer dans les collections de musées. Son thème de requin, hérité des concepts Stingray et Mako Shark de Bill Mitchell, a marqué toute une génération d’amateurs. Sur le plan sportif, les Grand Sport engagées en compétition au début des années soixante et les versions L88 préparées pour la piste ont nourri une réputation de performance qui dépasse le simple objet de style. Cette double image, dessin de rupture et machine de course, explique la place à part qu’occupe la C2 dans la hiérarchie des Corvette.

Phares Corvette C2

Cote actuelle

La C2 est une valeur sûre de la collection mondiale et ses prix sont fermes. Début 2026 sur le marché américain, un 327 à carburateur en bon état se négocie le plus souvent entre 50 000 et 90 000 $, soit de l’ordre de 45 000 à 82 000 €, le cabriolet et le coupé se tenant dans des eaux voisines selon la configuration. Les 327 à injection Rochester commandent une prime nette et dépassent volontiers 90 000 $, dans une fourchette d’environ 90 000 à 160 000 $, autour de 82 000 à 145 000 €. Le coupé 1963 à lunette fendue joue sa propre partition, souvent de 90 000 à 200 000 $ selon l’état et l’authenticité, les meilleurs exemplaires allant au-delà, une vente notable de mars 2026 ayant dépassé 250 000 $. Les gros blocs 427 de 1966 et 1967 s’étalent largement selon la puissance, le L71 à trois carburateurs se situant dans le haut de la fourchette. Le L88, lui, se compte en millions de dollars. Recoupée sur Hagerty et classic.com, la tendance est solide, portée par les split-window, les fuelies et les gros blocs documentés. Ces repères sont des prix départ États-Unis. Rendue en France, la voiture supporte en plus le transport, les droits de douane et la TVA, ce qui éloigne le prix final du prix US affiché.

Corvette C2 Roadster

Conseils d’achat

La carrosserie en fibre de verre ne rouille pas. Le châssis en acier, lui, se corrode, en particulier sur la traverse arrière, les longerons et les supports de caisse. Une inspection sous la voiture est indispensable, de même qu’un examen de la fibre à la recherche de fissures, de réparations grossières et de craquelures, fréquentes sur une coque qui a soixante ans et plusieurs repeintes. La géométrie de la suspension arrière indépendante et l’état des silentblocs méritent une attention particulière, car leur remise en état a un coût.

L’authenticité est le sujet central, car l’écart de valeur entre un 327 ordinaire et un gros bloc, une fuelie ou un L71 pousse aux reconstitutions. On vérifie la concordance du numéro de série, des codes carrosserie et des numéros de bloc et de boîte avec la configuration revendiquée, ainsi que la présence des bons éléments d’injection sur une fuelie, ces systèmes Rochester ayant souvent été déposés à l’époque. Sur un coupé 1963, un gros bloc 427 ou une version de pointe, exiger la documentation et faire authentifier la voiture par un spécialiste avant d’engager une somme importante n’a rien d’excessif. Pour un achat à distance aux États-Unis, une inspection indépendante sur place reste le meilleur garde-fou. La rechange est bien suivie grâce à un réseau de clubs et de fournisseurs très actif, certaines pièces spécifiques aux gros blocs et aux systèmes d’injection restant rares et coûteuses.

Propriétaire Corvette C2

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une Corvette split-window ?

C’est le coupé 1963, reconnaissable à sa lunette arrière séparée en deux par un montant central, un trait de style propre à cette seule année. Chevrolet l’a retiré dès 1964 au profit d’une lunette d’un seul tenant, à la demande de Zora Arkus-Duntov gêné par la visibilité arrière. Avec 10 594 coupés produits en 1963, le split-window est l’une des C2 les plus recherchées et les plus valorisées.

Qu’est-ce qu’une Corvette L88 ?

Le L88 est un V8 427 ci de compétition proposé en 1967, à très haute compression et culasses en aluminium, conçu pour la piste. Officiellement donné à 430 ch, un chiffre volontairement minoré, il développait en réalité autour de 560 ch. Construit à 20 exemplaires seulement en 1967, dont seize sont aujourd’hui recensés, c’est l’une des Corvette les plus rares et les plus chères, échangée à plusieurs millions de dollars.

Qu’est-ce qui distingue la C2 de la C1 qui la précède ?

La C2 de 1963 est une rupture complète. Elle inaugure la suspension arrière indépendante là où la C1 gardait un essieu rigide, ajoute pour la première fois une carrosserie coupé à côté du cabriolet et adopte des phares escamotables. Le gain de tenue de route est tel que la Sting Ray devient une vraie rivale des sportives européennes, ce que la C1 n’était pas tout à fait.

À partir de quand la Sting Ray reçoit-elle un V8 gros bloc ?

Le premier gros bloc arrive en cours de millésime 1965, avec le 396 ci de 425 ch. Dès 1966 il cède la place au 427 ci, décliné jusqu’à 435 ch en version L71 à trois carburateurs en 1967. Avant 1965, la C2 ne recevait que le V8 327 ci small-block, à carburateur ou à injection Rochester.

Une Corvette C2 peut-elle passer en carte grise de collection en France ?

Oui, elle a plus de 30 ans, n’est plus produite et l’éligibilité s’apprécie au cas par cas via une attestation FFVE, jamais automatiquement. Toute la génération étant postérieure à 1960, elle reste soumise au contrôle technique avec un délai de cinq ans entre deux passages. La carte grise de collection facilite l’immatriculation d’un véhicule importé et aide à circuler malgré certaines restrictions ZFE, sous réserve des règles locales.

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