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Delahaye

Durant ses 59 ans d’existence, la marque a connu des succès dans le domaine de la voiture de luxe ainsi que dans le monde du sport automobile. Au cours de cette histoire, il y a eu l’apparition et la disparition d’une infinité de noms qui ont été, à une époque, célèbres dans le monde de l’automobile. Delahaye est une marque de voitures conçues en France.

La fondation de Delahaye

En 1894, soit huit ans après l’invention de l’automobile par Karl Benz, l’ingénieur Emile Delahaye fonda une nouvelle marque automobile qui dominera bientôt le marché de la voiture de luxe. Delahaye passa les premières années à travailler sur le concept d’un véhicule à courroie depuis son garage à Tours. Cette constance pour le choix de la courroie le positionnait bien hors de la norme de l’époque car la plupart des marques développaient la transmission par chaînes.

Des origines centrées sur le sport automobile

Après avoir passé quelques années à développer cette technique inusitée, Delahaye décida de courir dans l’édition 1896 de la course Paris-Dieppe. Avec deux véhicules portant le fameux nom et conduits par Ernest Archdeacon et Emile Delahaye lui-même, la marque occupa les sixième et huitième places prouvant ainsi la compétence des courroies. Au cours des années proches du vingtième siècle, la course Paris-Dieppe connu des participations régulières de la marque tourangelle. Les modèles utilisés pour ces courses furent de simples véhicules aux moteurs mono-cylindres situés à l’arrière de la voiture, et ayant une capacité de quatre ou six places.

Ayant fini plusieurs fois dans les trois premières places de la course Paris-Dieppe, Delahaye commença, en 1898, à accroitre sa participation aux compétitions. La marque suivit ses rivaux comme Panhard, Bollée et Peugeot en courant dans de nouvelles épreuves comme le rallye Marseille-Nice et la Course de Périgueux. La première victoire, pour la marque, dans sa catégorie a été réalisée en Juillet 1898 lors de la course Paris-Amsterdam-Paris. Cette grande réussite attira rapidement l’attention du public sur Delahaye. 

Les débuts d’une réussite économique

La marque étant enfin reconnue victorieuse lors d’une des courses les plus exigeantes de l’année, la population française commença à s’intéresser beaucoup à elle et la fabrication d’un modèle pour la vente débuta alors. Pendant qu’il développait ce qui deviendra la Type 1, Delahaye a également déplacé son usine de Tours à Paris afin de profiter d’une clientèle plus large. 

Entre l’installation à Paris et le début du 20ème siècle, trois modèles furent vendus sous le nom Delahaye. La Type 1 fut le modèle d’entrée de gamme avec un petit moteur deux cylindres de 2,2 litres développant environ 4,5 chevaux. Un modèle de luxe de niveau moyen nommé le Type 2 avec un moteur semblable à celui de la Type 1 mais avec 6 chevaux. Enfin, la Type 0 était une voiture légère avec un objectif de performance et pouvant atteindre 35 km/h grâce à un moteur mono-cylindre de 1,4 litres développant environ 7 chevaux. Bien que ces modèles étaient pourvus, pour l’époque, de moteurs très avancés techniquement avec des soupapes automatiques et un refroidissement à eau, ils étaient équipés de guidons de moto à la place de volants. 

Une nouvelle époque pour Delahaye

Avec le passage de l’année 1900, Delahaye entra dans une nouvelle ère de son histoire. Le fondateur de la marque prit sa retraite en 1901 et fut remplacé par Charles Weiffenbach en 1906 après cinq ans d’instabilité. Ce nouveau directeur de la société n’avait pas une passion particulière pour la compétition automobile et se concentra plutôt sur la production de modèles plus fonctionnels et utiles. Pendant une vingtaine d’années, l’idée d’une Delahaye conçue pour la course était abandonnée. 

Le premier modèle sorti sous la direction de Weiffenbach fut la 10B en 1902, qui était la première voiture de la marque à utiliser un volant et à avoir un moteur situé à l’avant du châssis. Comparé aux véhicules précédents de la marque, la 10B était une révolution. Son moteur comportait un quatre cylindres développant 14 chevaux. 

Constatant la popularité de ce nouveau modèle, Delahaye pu s’intéresser au développement de nouveaux types de véhicules comme des fourgonnettes, des camions, et même des camions d’incendie suite à un appel à l’aide lancé par le gouvernement français. Le perfectionnement du moteur à quatre cylindres atteignant des chiffres de puissance de plus en plus élevés, cela a favorisé le succès des gros véhicules de la marque. Apprenant que les modèles puissants de Delahaye faisaient fureur en France, les importateurs britanniques et allemands ont commencé, eux-même, à les importer. 

En poursuivant ses progrès techniques, Delahaye fut la première marque à concevoir un moteur V6. En 1911, le moteur V6 twin-cam de 3,2 litres combinant deux lots de trois cylindres montés selon un angle de 30° est apparu sur la Type 44.

Delahaye se transforme suite à la Première Guerre mondiale

Dès le début de la Première Guerre mondiale, Delahaye mit fin à la production de voitures individuelles. La marque s’est alors spécialisée pendant plus de 15 ans dans la construction de véhicules de transport comme des camions et des bus ainsi que des véhicules d’incendie. 

Il fallu plus de 10 ans après ce premier conflit mondial pour que reprenne la production de modèles Delahaye destinés à l’usage privé. En effet, les premières années d’après guerre ont vu Delahaye tenter de retrouver sa place sur le marché de la construction automobile. Une période de fabrication de tracteurs et de machines agricoles a été le prélude à un changement vers le début des années 1930. Il est raconté que Charles Weiffenbach a demandé l’avis de son ami Ettore Bugatti sur le futur de sa marque, une conversation qui l’a amené à reprendre la conception de voitures de luxe et de compétition.

Retour des modèles Delahaye sportifs

Le premier modèle sorti, suite à la transformation totale de la philosophie de Weiffenbach, est la Delahaye Type 135. La Type 135 est simplement un châssis que la marque continuera à développer jusque dans les années 1950. En effet, il sera présent plus ou moins dans toutes les voitures sortant de l’usine située à Paris, et ce, jusqu’à la disparition de la marque. Dans sa première forme lors de sa mise en vente en 1933 elle était nommée “Superluxe”. C’était, en effet, une voiture de tourisme de luxe. Un moteur de six cylindres en ligne, développé à partir des moteurs de camions, était relié à une transmission manuelle similaire à celles vues sur les voitures de course de l’époque. 

Des versions de compétition de la Type 135 ont aussi été construites et ont couru dans les courses les plus célèbres de l’histoire. La marque Delahaye avait sa place sur les listes des participants aux 24 Heures du Mans, au rallye de Monte Carlo, aux 24 Heures de Spa et au Grand Prix de Pau tout au long des années 1930. C’est durant cette période que Delahaye s’est imposée comme une marque redoutable dans le sport automobile, remportant des victoires contre les équipes internationales notamment au rallye de Monte Carlo.

Jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Delahaye a continué à développer des modèles spécialement pour la compétition comme pour la Type 145, une des premières voitures à utiliser un V12.

La mort lente de Delahaye après guerre

Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939, le gouvernement français imposa la fermeture de toutes les usines de production privée. Cependant, Delahaye continua à produire des véhicules en petite quantité durant les premiers mois du conflit. 

Une fois la paix retrouvée, l’usine pu reprendre son rythme habituel. Avec une France en pleine dépression économique et une population française loin de pouvoir acheter des voitures de luxe, la méthode de travail de Delahaye changea de nouveau. Cette fois-ci, la marque se maintint sur le créneau des voitures de luxe, mais, sur les conseils du gouvernement, se concentra sur la vente à l’étranger et l’exportation. 

Malgré les nombreuses tentatives de sa direction, la marque ne vendit jamais plus de 1000 voitures par an. Dans un climat économique où les bénéfices de chaque vente étaient  réduits à cause des coûts d’exportation, ces chiffres n’étaient pas suffisants pour assurer la survie de l’entreprise. Quelques modèles comme la Type 235 ont été lancés au début des années 1950 afin de susciter  une nouvelle passion pour la marque parmi le public, mais, bien que les ventes se soient multipliées, la fin de la marque était devenu inévitable. Ainsi dès le début des années 1950, la marque commença rapidement à ralentir son activité avant de disparaître définitivement en 1956.