
Chaque automne, il y a des marrons chauds, des salons automobiles… et des « révélations » de journalistes freelance persuadés d’avoir découvert une taxe secrète que même Bercy ignore. Cette année, c’est la « taxe annuelle de 1500 € par voiture de collection », assortie de son spin-off « à partir de 250 000 € de collection, vous allez saigner ». Le tout servi avec la gravité d’un expert fiscal et la rigueur d’un fil TikTok.
Commençons par les faits, les vrais, ceux qu’on lit dans les textes de loi et pas dans les commentaires Facebook : il n’existe aujourd’hui aucune taxe annuelle, aucune redevance, aucune vignette ni même une ligne budgétaire qui infligerait 1500 € par an aux propriétaires de voitures de collection. Rien. Le vide sidéral. Le triangle des Bermudes fiscal.
La seule mesure réelle s’appelle impôt sur la fortune improductive. C’est simplement le futur remplaçant de l’IFI, et il ne concerne que les patrimoines dépassant 2 millions d’euros. Pas les voitures. Pas les collectionneurs. Le patrimoine global du foyer. Autrement dit : une minorité microscopique. On est loin de la punition collective annoncée par ceux qui confondent mendier du clic et informer.

Quant au récit du « seuil de 250 000 € de voitures de collection », c’est un fantasme journalistique. On dirait un chiffre inventé entre deux cafés pour dramatiser un article qui manquait de sel. Aucune base légale. Aucune source. Aucune mention dans l’amendement. Juste du bruit.
Alors pourquoi tant de vacarme autour de rien ? Parce que les voitures de collection génèrent des clics. Parce qu’écrire n’importe quoi sur des passionnés fait réagir. Parce qu’on confond trop souvent l’enquête journalistique avec le bricolage d’un intern stagiaire. Et parce que certains médias vivent désormais de l’indignation qu’ils fabriquent eux-mêmes.

Rappelons calmement ce que représente une voiture de collection dans la vraie vie, loin de ces prophéties de fin du monde. Ce n’est pas un « actif improductif ». C’est un objet patrimonial, historique et culturel. C’est un secteur économique qui fait vivre des milliers d’artisans, de restaurateurs, de mécaniciens, de selliers, de carrossiers, de transporteurs. C’est une industrie qui génère du tourisme, des événements, des rassemblements, des circuits courts, de la restauration française, du savoir-faire. Et accessoirement, ce sont des véhicules qui roulent peu, polluent peu à l’année et consomment surtout… du sourire.

Ces véhicules ont aussi un avantage que les journalistes catastrophistes oublient mystérieusement de mentionner : leur fiscalité est déjà globalement favorable. Pas de malus. Pas de surtaxe CO₂. Pas de restriction d’usage pour la quasi-totalité du territoire. Carte grise à tarif réduit. Assurance avantageuse. Décote inexistante. Et, cerise sur le carburateur, une stabilité réglementaire depuis des décennies.
On comprend que ce soit moins sexy à écrire que « taxe choc sur les voitures anciennes : préparez le chéquier ». Mais entre informer et affoler, il y a une différence.

Message aux passionnés : respirez. Votre Mustang, votre Traction, votre 911, votre Corvette ou votre Méhari ne vont pas soudain se transformer en gouffre fiscal. Rien de tout ce qui circule ne correspond à un projet officiel. Continuez de rouler, de restaurer, de collectionner, de transmettre. Le seul danger, à l’heure actuelle, ce ne sont pas les taxes : ce sont ceux qui rédigent des articles en pyjama pour faire peur aux gens.
Et si demain quelque chose change réellement, on sera là pour le dire. Factuellement. Sérieusement. Mais sans trembler devant une rumeur montée en épingle par trois pseudo-experts en manque de dopamine.

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