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Mini : La petite voiture au grand impact

Au cours de l’histoire de l’automobile, certains modèles ont joué un rôle extrêmement important. La Mini, dans ses formes diverses et variées, est un de ceux là. C’est cette petite voiture britannique, au nom particulièrement adapté qui a favorisé le développement de la voiture citadine, le style de voiture le plus populaire aujourd’hui.

Le développement de la Mini

Bien que la Mini ne soit pas la première voiture de petite taille mise sur le marché, c’est celle qui ressemble le plus aux petites voitures de notre époque. A la différence de la VW Beetle (coccinelle) et de la Fiat 500, qui avaient toutes les deux des moteurs placés à l’arrière afin de mieux gérer l’espace dans l’habitacle, le moteur de la Mini se trouve sous le capot. Pour réussir l’installation de ce moteur sur un modèle de taille réduit, un travail intelligent fut réalisé par les ingénieurs de la British Motor Corporation.

En effet, le chef de la BMC, Leonard Lord, avait une aversion pour la Fiat 500 qui devenait rapidement une des premières voitures importées en masse au Royaume-Uni. Afin d’éliminer ce modèle des routes anglaises, il entreprit le projet d’utiliser un autre concept, la XC9003. Ce design conceptuel, fait par Alec Issigonis en 1955, fut rejeté lors de sa conception par le chef de l’entreprise mais avec un nouveau désir de battre la Fiat, il fut revisité en 1957. 

Le 19 Juillet, le prototype XC9003 est devenu un réel projet nommé ADO15, une convention de nomenclature utilisée par la marque lorsqu’un projet passe à l’étape pré-production. ADO15, tout comme la version finale de la Mini, fut alimenté par le moteur Série-A de la BMC. Le petit bloc de quatre cylindres, présent sous le capot, fut installé d’une façon novatrice pour l’époque. Une installation transverse a permis de mieux respecter les exigences de dimensions imposées par Lord. En montant le moteur avec un angle de 90 degrés par rapport à la norme, il y avait plus de place devant l’habitacle pour la transmission qui utilisait la même lubrification que le moteur, alors que la plupart des voitures de l’époque avaient un circuit de lubrification séparé.

Plus de 60 ans après la conception de ce design, il est encore utilisé dans la plupart des voitures compactes vendues aujourd’hui. A cause de cette source de conflit envers Fiat de la part de BMC, la Mini est devenue la voiture ayant eu une influence majeure sur l’histoire automobile moderne. 

A part un jeu de Tetris réussi sous le capot, plusieurs autres mesures ont été prises pour réduire au maximum la taille de la Mini. Le format traction de la Mini a permis de supprimer l’arbre de transmission qui passe sous la voiture et ainsi de donner plus de place à l’intérieur de l’habitacle. Ensuite, à la place des ressorts de la suspension, un système de cônes en caoutchouc a été installé. Cette solution d’amortissement plus compacte provoquait un effet de rebondissement plus prononcé que les ressorts mais c’est cet aspect simpliste qui inspira les comparaisons de la Mini avec un kart. 

Les similarités avec un kart ne s’arrêtent pas à la tenue de route. En effet, les roues placées sur les quatre coins du châssis, sont anormalement petites. Lors de la conception de la voiture, la BMC voulait des roues de huit pouces, mais suite à de longs débats avec Dunlop, la marque dû se contenter des dix pouces.

L’évolution de la Mini

Après deux ans de développement, la première version de production de la Mini fut commercialisée en Août 1959. Pour ce début de production, la vente de la Mini parait bien compliquée pour nous qui regardons cette époque aujourd’hui. BMC étant un groupe rassemblant plusieurs marques britanniques, la Mini fut vendue sous deux marques en même temps. Cependant, que ce soit une Morris Mini ou une Austin Seven, les deux voitures sont totalement identiques. A l’étranger, d’autres noms furent utilisés comme la Morris et l’Austin 850 en France.

La première génération de la Mini, qui fut produite entre 1959 et 1967, était disponible sous plusieurs styles de carrosserie. Bien que le hayon soit la forme que nous associons le plus à la Mini, il existe aussi des versions break, fourgonnette et même pick-up. Les variantes les plus connues de la Mini sont cependant la Cooper et la Cooper S. Le caractère petit et agressif de la Cooper S l’a aidé à devenir une icône de son époque. Malgré sa commercialisation destinée à la classe ouvrière, elle fut la voiture conduite par toutes les stars anglaises. La place de cette voiture dans le monde des célébrités a aidé BMC à vendre plus de 1,1 millions d’exemplaires du modèle entre 1959 et 1967. 

La deuxième génération de la Mini fut dévoilée au Salon de l’Automobile anglais de 1967. Malgré la création d’une nouvelle version de la voiture, la première et la deuxième mouture sont presque indistinctes l’une de l’autre. La seule grosse différence stylistique entre les deux est une calandre retravaillée. En effet, les barres métalliques de la grille, sur la deuxième génération, sont plus épaisses. Cette deuxième génération est restée en production pendant seulement quatre ans mais a tout de même atteint les 429 000 modèles vendus.

La troisième génération est apparue dès le début des années 1970 dans le but de mettre à jour la Mini pour la nouvelle décennie. Cette même année, la Mini fut séparée des autres marques de la BMC. On ne parlait plus de la Morris ou de l’Austin Mini mais tout simplement de la Mini. Malgré cette mise à jour, la Mini a commencé à perdre son attrait aux yeux du public. Les ventes continuaient mais elles ne parvenaient pas à atteindre les chiffres des années 1960. De petites modifications ont encore été effectuées sur la Mini mais elle est restée la petite voiture mignonne jusqu’en l’an 2000 quand sa production a cessé.

La Mini, une force surprenante dans le sport automobile

A cause de sa taille et de son moteur peu puissant, la Mini est la dernière voiture que l’on imaginerait comme compétitive en sport automobile. Cependant, au cours des années 1960, elle courrait dans un grand nombre de championnats à la fois sur circuit et en rallye. 

Dans un premier temps, ses courses dans la British Saloon Car Championship furent impressionnantes car elle courait contre les plus grandes cylindrées de la Jaguar Mk II, la Ford Mustang et la Lotus Cortina. Elle a en effet gagné le titre 5 fois. Ensuite, elle a aussi connu le succès en rallye, au niveau international, avec trois victoires au Rallye de Monte Carlo. En tout, la Mini a remporté plus de 30 victoires en WRC.

A cause du manque de puissance face aux autres voitures du Groupe 2 dans lequel courrait la Mini, les pilotes devaient se lancer dans les virages. Pour les spectateurs, ce fut un spectacle réjouissant. En effet, même en sport automobile historique, les voitures les plus divertissantes à regarder sont les Mini qui perdent leurs avantages sur les lignes droites mais les regagnent dans les virages en glissant sur trois roues. 

La Mini dans la culture populaire

Comme voiture si populaire au cours des années 1960, elle a fait une apparition dans plusieurs films et séries. Son rôle le plus mémorable, surtout pour les anglais, fut dans “L’or se barre”. Dans ce film, un groupe de criminels anglais cherche à intercepter une livraison d’or à Turin. Le plan consiste à tirer partie des embouteillages de la ville avec trois petites Mini Cooper S afin de transporter une valeur de £4 millions en or, du centre-ville jusqu’à un bus que les truands utilisent ensuite pour rentrer en Angleterre. 

Une apparition, peut-être davantage connue internationalement, se trouve dans la série “Mr Bean”. Joué par Rowan Atkinson, le personnage comique conduit une Mini Cooper dans ses aventures typiquement marquées par la malchance. Une scène très célèbre montre Mr Bean conduisant sa Mini depuis le toit du véhicule. Assis dans un fauteuil, arrimé sur le toit, il manipule les commandes de la voiture avec de la corde et un balai tous deux reliés aux pédales et au volant.