
Il y a des événements qui auraient pu rester des petites réunions de passionnés entre eux. L’Open Garage en fait partie. Quand Christophe Mackowiak, dit Mc Coy, a ouvert les portes de son speed shop de Mézidon-Canon pour la première fois, personne n’imaginait que le rendez-vous deviendrait ce qu’il est aujourd’hui : le plus grand festival annuel normand de custom, ouvert à tous, avec des milliers de visiteurs sur trois jours. Dix ans plus tard, la 10e édition se tient du 22 au 24 mai 2026. Et elle s’annonce comme autre chose.
L’Amérique comme source

Ce qui distingue l’Open Garage d’un rassemblement de voitures ordinaire, c’est que son fondateur va chercher les idées là où elles naissent. Chaque année, Chris part aux États-Unis nourrir le festival. À Los Angeles, c’est la vibe californienne des hot rods qui l’a marqué, les rassemblements, les customs, les figures de légende comme Gene Winfield ou Hollywood Hot Rods. À Las Vegas, il a ramené l’esprit de la Little Chapel et d’Elvis. À Amarillo, ces Cadillacs plantées dans le sol du désert sont devenues chez lui un show du samedi soir. Cette année, direction le Texas. À Fort Worth, à Dallas, il découvre un vrai rodéo. Il dit à un Américain : “Ça, on n’a pas en France.” L’Américain lui répond : “Vous savez qu’en Normandie, vous avez un des meilleurs éleveurs de taureaux de rodéo ?” Ni une ni deux.

La grande nouveauté : le bull riding européen
Pour ce 10e anniversaire, le thème est le Texas et la pièce maîtresse est inédite en Europe. Chris contacte Stefano et Sandrine de 4S Ranch, et ensemble ils intègrent à l’Open Garage le premier concours européen de Bull Riding, étape officielle du championnat. Un show d’une heure trente, dix taureaux, les meilleurs riders européens, des animations pour le public. La règle est simple : huit secondes ou rien. C’est une bascule. L’Open Garage ne se contente plus d’importer une esthétique américaine, il importe une pratique entière, avec ses codes, sa brutalité et son spectacle. Le Texas débarque en Normandie, et ce n’est pas une métaphore.
Une culture née dans les graviers de Californie

Pour comprendre ce qui se passe à Mézidon chaque printemps, il faut remonter aux Américains qui rentraient de la guerre avec peu d’argent et beaucoup d’énergie. Le rodding débute dans les années 30 en Californie, sur les lacs asséchés du désert de Mojave, avec des Ford T modifiées qui atteignaient déjà les 200 km/h carrosseries allégées. Le terme “hot rod”, littéralement “bielle chaude”, s’impose pour désigner ces vieilles caisses d’occasion achetées pour presque rien, démontées, gonflées, personnalisées. C’est une culture du faire, pas du posséder.

En France, le mouvement traverse l’Atlantique avec quelques décennies de délai mais s’installe durablement. Le mouvement rod découle de la mouvance custom, apparue dans les années 1980 en même temps que des magazines spécialisés comme Rod & Custom, Nitro ou Chromes & Flammes. Dès 1984-1985, les premiers street-rods voient le jour dans l’hexagone. Une association nationale, la FSRA, est fondée en 1991. La Normandie n’est pas le cadre le plus évident pour cette culture venue des plaines californiennes. Et pourtant, quelque chose fonctionne ici depuis dix ans.
Trois jours de décor habité

Pendant ces trois jours, le site entier est une scénographie. Les véhicules pré-1979 sortis des routes mythiques des États-Unis occupent le parking principal, tandis que le reste du terrain accueille hot rods, customs, européennes et VW venus de plusieurs pays. Ce n’est pas un concours d’élégance. On vient pour voir de la tôle vraie, entendre des moteurs qui ne sont pas bridés par une réglementation moderne, croiser des gens qui savent ce qu’est une culasse de Ford Flathead.

Autour des voitures, tout le reste est à l’avenant : concours de barbes, shows burlesques, enterrement de Cadillac, marché de pièces US hot rods, concours pin-up Miss Open Garage élu à l’applaudimètre, barbiers, tatoueurs, shooting photo, animations enfants, food trucks, et un bar façon prison western qui tient le rang jusqu’à pas d’heure. On peut passer trois jours sans jamais s’ennuyer.
La Little Chapel revient pour cette 10e édition. Rick Cavan y officiait déjà l’année dernière les mariages éclair devant un sosie d’Elvis, les renouvellements de vœux, et tout ce que des gens en tenue de 1955 peuvent inventer devant un autel rockabilly. Rien d’officiel, tout pour le plaisir. La cérémonie la plus déjantée de Normandie remet le couvert.
Les concerts : un vrai festival
Côté scène, l’Open Garage aligne une vingtaine de groupes sur les trois jours, du vendredi soir jusqu’au dimanche. Le registre est rockabilly, rock’n’roll pur jus, hillbilly, western swing. Des formations qui n’ont pas besoin de light show pour tenir une foule.


Le vendredi 22 mai, ce sont Ally and the Gator qui ouvrent le bal : contrebasse qui claque, guitare qui twang, ambiance 50’s sous les étoiles de Mézidon. The Crappy Coyotes prennent le relais le même soir, avec un son qui sent la poussière de désert et la gomme brûlée. The Royal Flush est annoncé pour l’anniversaire. Et pour les shows, le duo Jeffy & Emy Stars débarque tout droit du circuit rockabilly international : lui le charisme brut, elle l’élégance pin-up, ensemble un vrai spectacle à l’américaine façon années 50. La programmation complète sera annoncée dans les prochaines semaines sur les réseaux de McCoy’s Speed Shop.
Good Timers sera là


C’est dans cet esprit que Good Timers sera présent avec plusieurs véhicules dont un van américain dans le rassemblement. Les vans font partie de l’histoire de la culture US au même titre que les rods et les muscle cars : des ateliers roulants, des maisons ambulantes, des objets hybrides entre l’utilitaire et l’art de vivre. Les voir posés dans un contexte comme l’Open Garage, c’est les remettre là où ils ont du sens.
Thomas Loïs Reynaud sera sur place et dédicacera son premier livre, Le Guide du Parfait Gentleman Collectionneur Automobile. Un ouvrage qui part d’un constat simple : acheter (et même importer) une voiture (américaine) de collection, ça ne s’improvise pas. Les mécanismes du marché, les pièges des transactions, la psychologie du vendeur, dix-huit ans de terrain mis en forme pour le collectionneur européen. Thomas répondra aux questions de ceux qui ont un projet ou une hésitation.
Vidéo réalisée à la précédente édition :
Rendez-vous : ZI, Alfred Zukerman, 14270 Mézidon Vallée d’Auge, du 22 au 24 mai 2026. 6€ par jour, entrée libre pour les moins de 12 ans.







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